L’ÉLOGE FUNÈBRE de Mbombog Mbog Bassong à CHARLES ATEBA EYENE

OLYMPUS DIGITAL CAMERAA 43 ans, mon jeune frère et collègue a été un météore géant. Nous avons partagé le même bureau pendant 10 ans en tant que chargés d’études assistant sans missions pour arrondir nos fins du mois comme les autres, sans dossiers à traiter! Nous aurions pu nous ronger les pouces. C’est le contraire qui a été vrai. La preuve, il a été prolixe: près de 20 livres, un doctorat et trois diplômes de troisième cycle en moins de 15 ans. Un exploit. Ceux qui écrivent savent que ce n’est pas donné. Sa témérité, sa fougue juvénile, sa volonté de partager et d’aider ont habité, puis transcendé tout son Être.

Je recevais ses nombreux courriers, les demandes d’intervention pour une embauche, pour mettre les enfants à l’école, pour sortir tel de prison, etc., souvent les cas maladies venant de ses fans, des inconnus, etc. Un petit cabinet, notre bureau à nous deux, mais qui recevait les visites les plus inattendues. Je pense avoir inspiré, tout au moins en partie, son envie d’écrire tellement il m’estimait et me citait en exemple dans toutes ses conférences et interventions.Pourtant il faisait fi de mes conseils. La sortie de son dernier livre contre la maçonnerie et la rose-croix a nos échanges les plus vifs, les plus directs et controversés de nos discussions. Je l’avais dissuadé de le faire paraitre pour les raisons que l’on sait : sa forte vulnérabilité physique.

Il misait sur le seul Christ. De fait, il habitait à près de 50 km de Yaoundé, à Mfou, et traversait, tous les jours, la ville pour rejoindre sa villa, si loin, toujours seul dans sa voiture.J’ai redouté l’heure de sa disparition que j’attendais dans le silence, conscient de l’adversité nourrie qu’ordonnait son aura. J’ai mesuré le danger, puis usé de mon droit d’ainesse pour organiser une trêve de tant de luttes acharnées que je savais courageuses et justes. Nous sommes tombés d’accord pour suspendre le temps. Pourtant deux semaines avaient suffi pour que le naturel revienne au galop: les livres avaient été publiés (sans moi) dans tous les kiosques. La vérité est qu’il avait une sorte de feu intérieur qui brulait vivement.

Aujourd’hui je comprends: il devait boucler au plus vite sa mission terrestre puis fermer ses valises pour d’autres missions. Il est parti exactement comme mon maitre rituel: 3 semaines sans qu’on se parle, alors que cela arrivait rarement que nous restions trois jours successifs sans nous parler. Cher frère, je témoigne ainsi pour mériter tes considérations et toute ta gratitude.Afin que ceux qui regardent sans voir, et entendent sans comprendre, écoutent un instant, rien qu’un instant en obstruant leurs égos débordants. Tu as eu de la majesté! Tu peux t’en aller, fier et résolu. Heureux de t’avoir rencontrer et à bientôt, qui sait!


Copyright © Mbombog Mbog Basson, Douala – Cameroun  |  26-02-2014

http://www.icicemac.com/actualite/l-eloge-funebre-de-mbombog-mbog-bassong-a-charles-ateba-eyene–17681-38-78.html#.VSa-C5NyetA

1 commentaire

Classé dans REFLEXIONS

Une réponse à “L’ÉLOGE FUNÈBRE de Mbombog Mbog Bassong à CHARLES ATEBA EYENE

  1. Likogi Li Etoubi Li Mbua Itoubi

    Pour vous rejoindre très cher grand frère je ne cesserai de le dire Charles n’est pas mort mais il est parti pour accomplir une autre mission, car celle qu’il avait a été très
    bien exécuté

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