LA COMPLEXITE DU SOCIAL ET DE L’ECONOMIE

Il est bon de le rappeler que le système de l’équilibre général cher à l’économie mathématique est abandonné avec la montée en puissance de la complexité dans les années 1970. Celle-ci a déjà fait le lit d’une longue hibernation de l’approche axiomatique qui entrevoyait, dans une mathématisation avancée de la réalité économique, le ressort des vérités toutes faites.

Ceux-là même qui avaient fait de l’économie une théorie mathématique dans les années 1959, en commençant par Gérard Debreu, lauréat du prix Nobel en 1983 et Maurice Allais, son maître, lauréat en 1988, ou encore Kenneth Arrow et Franck Hahn, ont fini par entrevoir l’existence d’un principe d’incertitude au cœur de la rationalité économique.

Le système de l’équilibre général est alors abandonné.

Les positions de certains maîtres de l’économie, à l’instar de Maurice Allais, ont même considérablement évolué avec le développement de la science de la complexité ; son revirement concernant les enjeux d’une mondialisation libérale et financière, responsable selon lui de l’abaissement du taux de croissance, est connu. Nous n’insisterons pas davantage sur le sujet. Revenons à Edgar Morin qui va plus loin. Le verdict du savant est encore plus sévère, voire cinglant, s’agissant précisément des limites actuelles de la science économique :

« Ainsi l’économie, écrit-il, qui est la science sociale mathématiquement la plus avancée, est la science socialement et humainement la plus arriérée, car elle s’est abstraite des conditions sociales, historiques, politiques, psychologiques, écologiques inséparables des activités économiques. C’est pourquoi ses experts sont de plus en plus incapables de prévoir et de prédire le cours économique même à court terme. »

Nous voici rendus à la présente évidence : le droit, les institutions sociales et politiques, l’histoire, les défis écologiques, etc., doivent être pris en compte dans la rationalisation de la science économique : on peut présager que les théories de la régulation et des crises en économie ont de belles années devant elles. On le pressent, il n’existe aucun domaine de la connaissance qui ne soit enfin concerné par ce revirement épistémologique. Le penseur de la complexité, Edgar Morin, pousse la réflexion : « Nous sommes aux débuts bégayants de la

sociologie de la connaissance (…) (…) Cela veut dire évidemment qu’il faut développer la sociologie de la connaissance. »

Ce qui nous semble en jeu, c’est l’objectif de la connaissance, de toute connaissance. Effectuons une pause sur cet enjeu.

                                                                                     Mbombog Mbog Bassong

Tiré du livre :  SOCIOLOGIE AFRICAINE : Paradigme, Valeur et Communication (   Page 38-39)

A télécharger gratuitement ici : https://mbombog.wordpress.com/

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Classé dans REFLEXIONS

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