LA VISEE NORMATIVE ET LA VISEE COGNITIVE

Toutes les institutions en Afrique ont pour objectif, la conjuration du Désordre et la restauration de Maât. La sociologie « classique » a eu pour ambition d’évacuer, par tous les moyens, le sacré africain de la logique rationnelle en laissant de côté la finalité qui donnait sens à la réalité.

De la sorte, la pensée dominante n’a pas bien saisi l’enjeu du sacré en Afrique noire. Avec le sacré, la visée cognitive est associée à la visée normative. Le paradigme, Maât, se justifie dans ce cadre comme une théorie normative, un sillon fécond de recherche et en même temps, une manière de faire la science, une méthode, une éthique qui consiste à rendre l’ordre social conforme à l’Ordre de l’Univers.

Maât est de l’ordre des vérités à atteindre par la raison raisonnante appliquée aux réalités sociales ethniques, culturelles, civilisationnelles et historiques ; la norme (la loi sociale) y rejoint l’ordre cognitif dans l’exercice de la faculté de penser le monde. Car Maât est aussi de l’ordre de la Vérité, grand ‘’V’’, c’est-à-dire le Principe d’Ordre universel et à la fois la connaissance de cette relation particulière qui existe entre les phénomènes. Cette connaissance a l’avantage d’augmenter le pouvoir d’action et de création, en conformité avec l’organisation du divin. Telle est la leçon à en tirer.

La mise en évidence de cette connaissance de Maât requiert, on le pressent, une réflexion particulière : comment et par quoi reconnaît-on le Principe d’Ordre universel ?Il y a en premier l’univers mythologique africain qui en décrit les mécanismes et de l’autre, la forme (chapitre II).

Ce qu’il y a lieu de savoir, c’est bien que l’univers mental africain s’organise mythiquement en Ordre et Désordre, protagonistes de la création. C’est la figure dialectique Horus/Seth de la mythologie égyptienne reproduite par d’autres acteurs dans la mythologie africaine sans que pour autant, le message soit altéré. Il s’agit, en toutes circonstances, de conjurer les forces du désordre afin que l’ordre préexistant soit maintenu conformément à la manière dont s’organise l’Univers en vue bâtir la Complexité. La loi sociale reprend, pour ainsi dire, la loi cosmique.

Telle est la visée à la fois cognitive et normative inscrite dans les mythes.

Or ce Désordre n’a de sens et de vie que par rapport à l’Ordre. Il s’agit de deux facettes de la même réalité organisationnelle (Maât). Cette approche de la solution africaine fonde la dialectique et dépasse le fondamentalisme philosophique du Yin et du Yan. La loi générale de l’esprit du Livre des transformations s’accommode d’une double hélice mais n’en précise pas la phase de résolution, de restauration de la préséance de l’Ordre. Maât va plus loin que le Yin et le Yan. Même la dialectique hégélienne sans fin, qui sème à tous vents des contradictions ne dévoile aucune vérité connue de tous et par conséquent, contrôlable.

A présent, le sociologue est situé : la vision du monde de tous les Africains part de cette dialectique mythologique qui organise le monde et la société.

 

Cet article est un extrait du livre :   » SOCIOLOGIE AFRICAINE : Paradigme, Valeur et Communication  » du même auteur ( Chap I, sous chapitre 4-5)

Le livre complet est telechargeable gratuitement à cette adresse :  https://mbombog.files.wordpress.com/2011/02/sociologie-africaine.pdf

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Classé dans REFLEXIONS

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