Conscience epistemologique africaine

FONDEMENTS EPISTEMOLOGIQUES DE LA RATIONALITE AFRICAINE

Nous abordons ici les questions d’intérêt général liées à la méthode d’approche de la réalité africaine. Notre approche théorique s’inscrit dans une critique de l’épistémologie dominante, en vue d’une perspective globale de dépassement des épistémologies et paradigmes culturels actuels.

Un tel dépassement est-il possible et réaliste ? Ne court-il pas le risque d’apparaître ambitieux ? Peut-on envisager, le cas échéant, une méthode globale qui prendrait en compte la diversité des sources ontologiques disponibles dans toutes les civilisations ? Que peut représenter, dans ce cadre globaliste précis, le modèle d’un Principe d’Ordre universel que préconise la pensée africaine en vue de la régulation des sociétés humaines et des ressources écologiques de notre planète ?

Nous écrivons ce texte au moment où s’achève la première partie de nos recherches sur Les impacts de météorites au Cameroun. Elles aboutissent, en planétologie, à la formalisation d’une théorie de l’impactomorphisme envisagée comme une expression analytique de la mémoire de l’Univers inscrite dans la matière impactée.

 

A- LE PROBLEME

Il se trouve que les impacts de météorites d’une certaine envergure offrent à découvrir l’identité d’une figure géométrique dont la forme, apparentée à celle d’une spirale, sculpte le substratum au cours des chocs. Curieusement, la spirale est depuis longtemps affirmée dans les mythes égyptiens et négro-africains comme la loi (norme) universelle gouvernant les modes d’être de l’Existant, et surtout, les processus de morphogenèse, de transformation et de complexification (d’organisation) de la matière dans le temps et l’espace. Les Egyptiens ont idéalisé cette spirale[1] appelée Maât, du nom de la double déesse de la Vérité-Justice inférée de l’observation de l’Univers, des objets inanimés (infiniment petit) jusqu’à ce que l’homme conçoit de plus élevé, en passant par l’infiniment grand.

 

1- L’Egypte éclaire l’Afrique

Entre la matière qui s’organise par le biais de Maât et la pensée humaine qui raisonne, l’Egyptien admet une analogie de la forme perçue comme un mouvement en spirale (de la matière et de l’esprit) auquel il faudrait donner une signification. Dans ce sens, la pensée des Egyptiens est un effort de rationalisation théorique du statut ontologique de la vérité, de ce qui est sur le plan de la nature régulatrice des phénomènes.

► La loi, la forme et les dieux

La loi serait la même, de l’infiniment petit à l’infiniment, grand par le biais de la forme, avec ce prolongement épistémologique très suggestif : les Egyptiens considèrent, en effet, que Maât est présente dans le cœur de Ptah, d’Atoum (dieux créateurs) et dans toute la création ; elle guide (le dieu soleil) qui domine l’Univers. A l’échelle humaine elle représente, par analogie fondatrice de la régulation universelle, le Chemin à suivre, en même temps que la Vérité et la Vie.

Le dogme christique hérite de Maât, cette lumière solaire émanant de la conjonction divine Atoum-Râ-Osiris (lever,  zénith et coucher du soleil dans sa trajectoire céleste), identique à elle-même et éternelle. C’est sur Maât que veille Horus, fils de Osiris et de Isis ; Horus gouverne ainsi les sociétés humaines par le biais de son représentant sur Terre, le monarque, le hiérarque, le souverain, le roi, le chef, l’initié. En retour, ces derniers sont considérés comme des fils du soleil chargés de réguler l’ordre social à l’instar de la fonction solaire dans le monde vivant.

► Le Discours de la méthode

L’unité du monde est manifestée en Atoum-Râ reprogrammé en Amon-Râ, gouvernant l’Existant par le biais de la loi, Maât ; celle-ci est immanente, transcendante, au cœur de toute chose. Comme on peut le noter dans cette approche, l’infiniment petit (le microcosme) est présent dans la pensée de création et rallie l’infiniment grand (le macrocosme). La « théorie du Tout » attendue en physique pour intégrer la gravitation dans la mécanique quantique trouve ici son réalisme ontologique manifesté dans la forme et sa signification. C’est dire que cet énoncé mythique, symbolique, est de l’ordre de la science, en l’occurrence, la cosmologie et la physique. Ici, religion (mythe) et science se côtoient. Le Discours de la méthode s’organise sur un fonds culturel symbolique. Il y défie la science avancée de notre temps.

Un égyptologue fort avisé, nous avertit :

« On ne peut guère parler de religion au sens moderne du mot, mais bien plutôt d’une cosmologie, d’une physique véritable, à laquelle personne n’échappait ni ne pouvait échapper, pas plus qu’on n’échappe de nos jours aux lois de la thermodynamique. [2]»

Maât procède, dans ce cadre symbolique du langage scientifique, d’une rationalisation ontologique de la mémoire de l’Univers, auréolée d’une élégance mathématique indéniable : c’est en effet, « l’état juste de la nature et de la société tel que l’a fixé l’acte créateur, et à partir de là, dans un cas, ce qui est correct, exact, et dans l’autre, le droit, l’ordre, la justice et la vérité » qu’il faut conserver ou instaurer en toutes choses petites ou grandes[3].

Ici, il n’y a point de rupture ontologique, métaphysique, entre l’Univers, l’homme et la re-création de l’ordre divin. La philosophie de l’Être se pose comme une re-interprétation des principes cardinaux de la création, institués et institutionnalisés à travers les mythes. Partout en Afrique, la dialectique Seth /Horus (bipolarité des essences fondamentales) dont l’interaction croisée produit Ankh (la croix ansée, crux ansanta en latin, c’est-à-dire la croix de la « Vie »), suggère un design gouvernant l’organisation de la société ; ce design a été préalablement adopté par les coptes négro-égyptiens sous la forme d’une croix, prolongée à l’emblème de la symbolique christique.

 

2- L’Afrique éclaire l’Egypte

Râ, le soleil, est au centre de cette croix de la « Vie ». Le symbolisme de cette croix est, dès le départ, celui d’un nœud qui relie, qui fait communiquer, qui décrypte, qui unit, crée des ponts, solidifie, valorise, etc. La pensée négro-africaine est une pensée solaire. Elle déploie un champ lexical si vaste et si riche qu’il apparaît clairement autour du radical Ankh, une ex-croissance linguistique de

survivances qui, à force de s’imbriquer, organisent de véritables lignages de mots. Les séries lexicales sont explorées pour la circonstance. Elles établissent, de manière formelle, qu’on ne saurait dissocier l’Egypte pharaonique de sa fille unique et en même temps sa mère, l’Afrique actuelle, au sud du sahara. Il apparaît une fois de plus, comme le témoigne Obenga, à la suite de Cheikh Anta Diop que :

« La langue égyptienne est apparentée génétiquement aux autres langues négro-africaines du continent africain, anciennes et modernes. »[4]

Les rapports de parenté génétique montrent en effet, de manière fort convaincante, les imbrications historiques et culturelles entre la langue égyptienne ancienne et la langue Basaá actuelle au Sud du Cameroun. Nous nous appesantirons uniquement sur les dieux égyptiens et leurs correspondances qui excluent le hasard ou toute rencontre fortuite avec la langue Basaá actuelle. Le plan lexicologique est complété par les orientations d’ordre sémantique, culturel et anthropologique. L’importance de ces rapports nous conduit à penser que les initiés de cette région du Cameroun constituent l’une des souches les mieux conservées de l’ancien univers égyptien.

C’est que précisément, si la langue Basaá et le lingala consolident ici les critères de parenté génétique avec l’égyptien ancien et permettent de formaliser la théorie cognitive de la complexité, l’interprétation des rituels met en relation une identité structurale de la forme entre cette théorie et celle, inobservée, que prendrait la portée opératoire de la pensée et de la magie du Verbe créateur. De ce point de vue, il se constitue une région où l’émergence de la forme par la pensée et celle des processus de morphogenèse dans la nature entrent en résonance. D’autres langues négro-africaines que nous connaissons moins bien, pourraient certainement servir dans ce même registre de correspondances.

A présent, il est possible de convoquer avec davantage de certitudes, les vibrations de la matière (ondes se propageant par la voix ou par les interactions de la matière) comme le lieu symbolique d’une topologie de phases cosmiques en interaction engendrant la forme, visible ou invisible, inscrite dans le Principe d’Ordre de l’Univers. Quel rapport avec la théorie de l’Impactomorphisme ?

 

B- LE PHENOMENE

C’est que, précisément, à la faveur des impacts de météorites de grande envergure, la matière en fusion, déchaînée, se refroidirait progressivement en sculptant dans la forme et la structure des impacts, la fameuse spirale, témoin de la distribution de l’énergie dans l’espace impacté. De nouvelles formes apparaîtraient, marquant le modelé des reliefs de nouvelles structures engendrées par le choc.

Une étude des impacts, effectuée sur d’autres planètes, en l’occurrence Mars, montre une analogie des formes et des proportions avec les impacts terrestres ; elle suggère, de la sorte, que les lois d’organisation de la matière sont les mêmes à toutes les échelles, de l’infiniment petit aux galaxies, en passant par les planètes. Nous en concluons qu’il existe une mémoire de l’Univers qui reproduit partout, les mêmes formes d’organisation. La mise en équation de leurs propriétés géométriques s’est traduite par une expression algébrico-topologique bien connue depuis l’antiquité égyptienne et rapportée par le biais de la géométrie dite d’Euclide[5].

A l’observation, il apparaît bien que de telles formes spiralées ou encore les proportions qu’elles hébergent affleurent dans de nombreux espaces naturels, structurés et discontinus ; c’est dire qu’elles ne sont pas spécifiques aux planètes. En général, elles montrent leur gabarit morphogénétique au cours de certains processus de morphogenèse, physiques ou chimiques, en réponse à des perturbations qui affectent les structures profondes de la matière.

On peut observer leur structure à toutes les échelles des règnes minéral, végétal, animal et humain ; on les retrouve, par exemple, dans les proportions harmoniques des flocons de neige ou des cristaux de glace, ou encore de certains cristaux de quartz, de fluorine, de béryl, de pyrite, de topaze ; dans la forme spiralée des coquillages (coquilles du nautile ou de l’oursin) ; dans la phyllotaxie[6] des feuilles disposées en hélice autour de certaines tiges de végétaux (parastiches des fleurs de marguerite, des étamines de tournesol ou de magnolia) ; dans les écailles de pommes de pin, des écorces d’ananas ; dans la structure de l’A.D.N. des cellules vivantes ; dans la toile de l’araignée ; dans la disposition des fœtus lors des grossesses ; dans la géométrie de certains animaux (papillon, libellule, grenouille, poisson) ou du corps humain[7] ; dans la structure du vent solaire et des galaxies spirales, etc. Nous sommes loin d’avoir épuisé le stock de ce que peut représenter l’aventure naturelle de la création par le biais du contenu géométrique de l’Univers.

Cette histoire des formes présentes dans la nature, somme toute brève, a pour but de consolider l’audace théorique d’une intuition des Egyptiens anciens : rendre compte de la complexité du Réel sous la forme d’une équation mathématique rendue à une entité mythologique, Maât, dont le mouvement spiralé a été perçu par les sages de cette époque comme l’expression phénoménale et physico-chimique de ce qui est. C’est cette loi que l’on retrouve dans l’architecture des pyramides (pyramide de Khéops en particulier) et les arts de la période pharaonique, dans les théories égyptiennes de sciences sociales (politique, juridique, économique, morale), et exactes (astronomie, architecture, médecine, etc.), mais encore, dans les mythes et rites véhiculés dans toute l’Afrique noire, de l’Antiquité à nos jours.

Pour preuve, le grand philosophe grec, Platon, rapporte qu’un vieux prêtre égyptien s’est adressé à Solon en ces termes : « Quant à la vie intellectuelle, tu vois sans doute quelle attention la loi, chez nous (Egyptiens), y apporte : à partir des premiers principes qui touchent l’Univers, elle a réglé toutes les découvertes jusqu’à la divination et la médecine, qui a en vue la santé ; des spéculations divines elle a tiré des applications humaines, veillé à l’acquisition de toutes les autres connaissances qui s’en suivent de celles-là.[8]»

L’unité du Réel et la non-séparabilité des éléments de l’Univers discriminés et acteurs du projet téléologique, obéissent aux principes d’organisation d’un Ordre immanent et transcendant qui se reflète aussi dans l’organisation de la connaissance elle-même : l’objectif d’unité des savoirs correspond à une activité de l’esprit « initiatique » des sciences. La pensée des Africains admet depuis lors, l’existence d’une loi (universelle) de la nature organisant et transcendant la diversité des sciences. De la sorte, la philosophie des sciences est adossée à l’idée d’une tâche à la fois collective et intersubjective. Un initié souligne avec cette verve proverbiale :

« Le savoir, comme le feu, s’obtient du voisinage.[9] »

Les propriétés géométriques de la spirale ont été étudiées par de nombreux savants occidentaux, à la suite des sages de l’Antiquité. La spirale d’or et le nombre d’or sont les expressions les plus courantes qui ont été retenues à leur sujet. Il faut préciser que le terme « nombre d’or » a été proposé en 1931 par le prince roumain Matila Ghyka qui a repris à son compte la proportion d’Euclide et les travaux des Allemands Zeising et Fechner (1876). Platon est, semble-t-il, le premier Grec à en étudier les propriétés. Mais c’est au Moyen-âge (12è siècle) que Leonardo Pisano alias Fibonacci introduit en Europe les équations du second degré dont les solutions correspondent au nombre d’or. Le mathématicien Fra Luca Pacioli parle à sa suite de la divine proportion, « De divina proportione » en 1496, c’est-à-dire en pleine Renaissance. Léonard de Vinci en illustre le traité puis la surnomme à son tour, la « section dorée ». Il revient au physicien Johannes Kepler d’y entrevoir le « joyau précieux de la géométrie » à la fin du XVIè siècle. En 1943, l’architecte Le Corbusier introduit le concept de Modulor qu’il fait breveter ; il formalise, ce faisant, une théorie esthétique sur la base du nombre d’or.

On retrouve donc, tout naturellement, les traces des éléments culturels du nombre d’or chez les Grecs, héritiers de la science égyptienne. C’est le cas du théâtre d’Epidaure (fin du IVème siècle) avec ses 55 gradins répartis en blocs de 21 et de 34 marches analogues aux termes d’extrême et de moyenne raison de la suite de Fibonacci, ou encore, celui du temple du Parthénon sur l’Acropole d’Athènes.

Il en est de même des sculptures de Praxitèle et de Phidias exécutées d’après le canon du nombre d’or. Les cathédrales de traditions maçonniques, telles la Cité Radieuse de Marseille ou encore, la Chapelle Notre-Dame-du-Haut de Ronchamp ont été érigées grâce au Modulor de l’architecte Le Corbusier. Dans les domaines des arts, les traditions musicales de Pythagore y afférentes datent de la Grèce antique.

L’œuvre monumentale de Léonard de Vinci (Leonardo di ser Piero da Vinci) en porte aussi le témoignage à la Renaissance ; on peut citer, entre autres, L’homme de Vitruve en 1492, la Cène en 1498, La Joconde ou Mona Lisa en 1507. Des peintres comme Dali et Picasso ont aussi recours au nombre d’or. Il faudrait peut-être ajouter que Théodore Cook désigne ce nombre d’or par la lettre φ en 1914, en hommage à Phidias, sculpteur grec décorateur du Parthénon à Athènes. Enfin, c’est ce même principe du nombre d’or qui fait la fierté esthétique de la cathédrale Notre Dame de Paris ou encore du Taj Mahal, l’immense monument funéraire élevé à Agra, en Inde. Les dimensions du Louvre et de l’Arc de triomphe à Paris sont conformes au nombre d’or.

 

C- QUEL ENSEIGNEMENT ?

La preuve est aujourd’hui faite, que cette pensée égyptienne et négro-africaine, éidétiquement perçue, n’est jamais «  morte ». Elle a traversé les âges et on la retrouve aujourd’hui, toujours vivante et pertinente au cœur des sciences économiques, mathématiques et physiques avancées de la complexité. Les théories contemporaines de la dynamique des formes naturelles laissent entrevoir des régularités causales, réelles, pouvant être interprétées comme des dispositions émergeant, à toutes les échelles, dans la réalité matérielle.

La phyllotaxie du primordium de Hofmeister en botanique, les bases chimiques de la morphogenèse de Alan Turing en 1952, que prolongent la Thermodynamique des structures dissipatives de Ilya Prigogine, prix Nobel de chimie en 1977, la Théorie des catastrophes de René Thom, médaillé Fields en mathématique en 1958, L’Economique et le Vivant de René Passet, 1979, La Théorie des fractals de Benoît Mandelbrot en physique de la nature en 1980, La Théorie du chaos de James Gleick en 1989, Hasard et chaos de David Deruelle en 1991, etc., sont le témoignage vivant d’une trajectoire causale de la même réalité toujours renouvelée. Ce réalisme naturel a sans doute le mérite de rappeler que l’ancrage de l’esprit dans la réalité passe par la perception et par une expérience directe de la dynamique de ces formes. La forme serait-elle, dans cette optique, l’essence de l’Être ?

L’intuition des négro-africains selon laquelle la réalité serait peut-être davantage constituée d’objets vagues, d’événements, de processus, d’états de choses, de relations, de possibilités réelles plutôt que de substances et d’objets prend désormais du relief, l’esprit n’étant en fin de compte, que la réalité ultime de la matière. Les objets que nous percevons par le biais de nos sens existeraient en réalité à toutes les échelles à la fois, même si on les perçoit formatés en un seul jet d’ensemble les réunissant toutes au même moment. De la sorte, des échanges d’informations s’effectueraient entre elles et à notre insu, de façon permanente.

Trop rapidement rejetée par l’élite politique et intellectuelle, la pensée africaine a rarement eu droit à un débat critique qui permettrait de la prendre au sérieux et de la dépasser. La critique est souvent restée un débat interne entre philosophes inscrits aux dogmes de la pensée cartésienne. Inversement, nombreux sont ceux qui, du fait des désillusions, ont changé de référents, de concepts, de schèmes de pensée, de religion, voire de doctrine, sans interroger le sens de leur transition. Ils ont perdu le temps et la patience d’écouter les initiés ou de repenser les traditions ancestrales. Chemin faisant, ils se sont convertis, soit au réalisme des religions ‘’révélées’’, soit à la culture libérale, soit à des institutions plates, dotés d’autres ordres de références.

Il est temps d’apprécier la pensée africaine dans toutes ses nuances, non pas dans leurs schématisations simplistes que l’on retrouve chez les critiques trop pressés d’en finir. Une véritable critique de cette pensée est désormais possible à partir des matériaux recensés, à présent, pour sa construction. Bien plus : elle doit conduire l’Africain moderne à réaliser qu’il dispose d’une source autorisée pouvant lui permettre d’accéder, dans tous les domaines de la connaissance, à l’érudition scientifique la plus avancée de notre temps.

 

Mbombog Mbog Bassong


[1]Il s’agit en réalité d’une spirale dite d’or, possédant la propriété « eadem mutata resurgo » partielle c’est-à-dire « elle ressuscitera identique à elle-même ». Elle approche par conséquent une vraie spirale logarithmique encore appelée spirale admirable, spirale de Descartes, spirale de Bernouilli, spirale de Gregory, spirale exponentielle, spirale proportionnelle, etc. La spirale de Fibonacci a l’avantage d’approcher la spirale d’or mais ne possède pas la propriété ci-dessus. Il existe d’autres spirales connues et analysées, entre autres, la spirale sinusoïdale étudiée par Maclaurin en 1718, la spirale d’Archimède, la spirale de Galilée étudiée par Fermat en 1636, etc.


[2] Alexandre Piankoff, La création du disque solaire, IFAO, bibli. 2, tome 19, p. 7.

[3] Cf. « Inscription de Shabaka », texte Ancien Empire, copie entre 716 & 701 B.C., in Théophile Obenga, L’Afrique dans l’Antiquité, Editions Présence Africaine, 1973.


[4] Théophile Obenga, La philosophie africaine de la période pharaonique…, p. 21.

[5] Livre VI des Eléments, IIIè siècle avant J.C. Comme les autres Grecs de l’Antiquité, Euclide aurait puisé dans les connaissances égyptiennes comme l’affirment les auteurs anciens.


[6] C’est l’agencement des feuilles et des pétales sur les plantes et les fleurs, bien souvent en rapport avec les nombres de Fibonacci et le nombre d’or.

[7] Léonard de Vinci et le profil de l’homme de Vitruve (1452-1519) ou encore le test du top modèle de Adolf Zeising.

[8] Platon, Timée, 24-c. Texte repris par Théophile Obenga, La philosophie africaine de la période pharaonique. 2780-330 avant notre ère, Paris, Editions L’Harmattan, 1990,  p. 101.

[9] Théodore Mayi Matip, L’Univers de la Parole, Editions Clé, Yaoundé, 1983, p. 42. Collection Etudes & Documents africains.

2 Commentaires

Classé dans REFLEXIONS

2 réponses à “Conscience epistemologique africaine

  1. Azangue Nkack

    Article très intéressant!Très bon travail!

  2. nous s avons maintenant que L Homme est un tout dans un Tout en relation avec Tout et dépendant du Tout

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